IMG_3777 Gabriele Münter 1877-1962 Munich View from the window in Sèvres 1906 Musée d’Art Moderne de Louisiana Exposition temporaire Copenhague
Image by jean louis mazieres
Gabriele Münter 1877-1962 Munich
View from the window in Sèvres 1906
Musée d’Art Moderne de Louisiana
Exposition temporaire
Copenhague
LE BEAU EST UNE EXPÉRIENCE PARTAGÉE
"Le monde discerne la beauté, et, par là le laid se révèle. Le monde reconnaît le bien et, par là le mal se révèle."
Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu
LAO TSEU (Laozi)
"The world discerns beauty, and hence the ugly is revealed. The world recognizes good and hence evil is revealed."
Dao De Jing, the Book of the Way and Virtue
LAO TSEU (Laozi)
"Tout l’art florentin depuis Giotto et tout au long du Quattrocento, possède cette stupéfiante qualité de vérité absolue, reconnue. L’effet immédiat d’un grand Giotto ou d’un Masaccio est de laisser le spectateur sans voix. Cela s’appelait autrefois la Beauté."
MARIE MAC CARTHY "Les Pierres de Florence" 1956.
"Everything Florentine art from Giotto and throughout the Quattrocento has this amazing quality of absolute truth recognized. The immediate effect of a large Giotto or Masaccio is to let the audience speechless. It s’ once called Beauty. "
MARY MAC CARTHY "The Stones of Florence" 1956.
Contrairement à une idée reçue, toute nouvelle, considérée comme une évidence à notre époque, le Beau n’est pas subjectif. Non, le Beau n’est pas seulement une question de goût personnel, un arbitraire total, absolument égocentrique. Le beau n’est pas autiste, il est un partage, même si certaines de ses formes peuvent être plus accessibles à certaines personnes qu’à d’autres, à certaines cultures et pas à d’autres.
La preuve que le Beau existe est qu’il est reconnu et admis de manière unanime par les opinions publiques, et celle des spécialistes, pour des millions d’ oeuvres dont les dates de création vont de – 3000 à nos jours. Le Beau est d’ailleurs reconnu, vécu comme une expérience généralement partagée, non seulement dans l’art mais dans tout le spectacle de la Nature.
Il faut laisser de côté les définitions abstraites. Les Philosophes n’ont jamais réussi à donner une définition satisfaisante et incontestable du Beau. Laissons à Platon son Idée d’un Beau transcendant impossible à atteindre. Restons à un niveau plus trivial, celui de la beauté remarquable, concrète : il n’y a absolument aucune discussion sérieuse quant à l’existence du Beau, d’une sensation commune, une émotion poétique, partagée par des millions d’hommes, depuis L’Art Paléolithique, l’Art Egyptien jusqu’à l’Art Moderne, depuis la Chine jusqu’à l’Europe et l’Amérique.
Le Beau ne se définit pas, il se ressent individuellement et collectivement. Individuellement ressenti le beau est seulement subjectif, il n’a d’importance que pour une personne, collectivement ressenti, partagé par les élites et les populations, ensemble, il s’objective. Il devient une réalité à l’échelle d’une collectivité plus ou moins large, et même jusqu’à la Terre entière. Le Beau est tout simplement un fait vérifié par l’expérience de milliers de générations d’humains sur l’ensemble de la Terre.
On peut même soutenir que des trois idées fondamentales Beau, Bien, Vrai, le Beau est la première dont nous pouvons repérer l’apparition avec certitude dans l’histoire des hommes: Parce qu’il laisse des traces que nous constatons. Quand apparait l’idée de Bien? Quand apparaît l’idée de Vrai ?
Le Beau ne se définit pas, il se ressent et il évolue en fonction du temps. Sans doute l’erreur de l’Académisme a-t-elle été de vouloir définir les règles du Beau, in abstracto, et les impressionnistes ont eu très vite raison contre lui.
Le Beau peut prendre des formes différentes selon les cultures ou les civilisations. Il est reconnu comme Beau à l’intérieur de son domaine culturel, mais aussi souvent à l’extérieur.
La peinture des lettrés chinois est très particulière, il est possible à titre individuel de ne pas l’apprécier, mais il serait faux de parler à son propos d’un Art du laid, et elle n’est pas jugée comme tel par l’épreuve du temps et de sa confrontation avec d’autres cultures comme celle occidentale.
Le Beau est tout simplement un fait vérifié par l’expérience de milliers de générations d’humains sur l’ensemble de la Terre. Le tableau de Léonard de Vinci, la Joconde (Mona Lisa) et le succès qu’il rencontre auprès des populations extrême orientales est une preuve de cette universalité du Beau.
Il existe "un sens du Beau, commun à toute l’humanité" qui est indépendant des modes, des religions et des idéologies et même des cultures. Même s’il ne faut pas négliger certaines spécificités ou variabilités tenant à telle culture ou à telle époque. Le constat global reste celui d’un partage du sentiment du beau à l’échelle universelle.
Le beau s’identifie par une intense satisfaction, un sentiment de bonheur, de joie, d’ordre sensuel ou intellectuel qui envahit la personne, c’est son point de départ subjectif . Ce point de départ subjectif qui s’objective par le partage de ce sentiment avec une foule d’autres personnes, de cultures et d’époques différentes, pour parvenir à l’émergence d’une quasi unanimité et d’une quasi universalité.
Le beau est certes un vécu subjectif en ce qu’il est ressenti individuellement, mais il s’objective par l’opinion convergente, formulée au cours du temps, par les peuples et les élites. C’est ce jugement commun des peuples et des élites, cette expérience partagée, qui objective et prouve le Beau.
Ce qui est subjectif ce sont les préférences des individus. Ce qui est subjectif c’est quand une personne préfère les fresques romanes ou l’art du gothique international à la peinture de la Renaissance Italienne.
Quand une personne préfère l’art du paysage ou la peinture de moeurs à la peinture religieuse.
Si on avait dit à Fra Angelico, à Raphaël ou à Rubens que le Beau n’existe pas et est affaire purement subjective, ils auraient haussé les épaules.
Non seulement le sentiment du Beau est un fait d’expérience, un bien commun à l’humanité, qui traverse les temps et les cultures, mais le Beau peut être ressenti alors que les idéologies qui ont inspiré les oeuvres d’art à une époque donnée, dans une région de la Terre, sont mortes en tant que croyances actives.
Il n’est pas nécessaire de croire dans les Esprits, les Dieux Egyptiens, Grecs, Hindous ou dans les Bouddhas pour apprécier la beauté de l’art des cavernes, de l’Egypte antique, de la Grèce, de l’Inde, ou de l’Asie du Sud Est.
De même, les représentations de Dieu et du monde qui sont celles des églises chrétiennes, qui ont été vivantes et profondément significatives pour les populations européennes pendant plus d’un millénaire, peuvent ne plus avoir de sens pour une très large majorité des populations de l’Europe de l’Ouest et du Nord au 21è siècle. Il reste cependant que ces populations, comme d’autres peuples dans d’autres cultures, peuvent reconnaître le Beau dans des oeuvres d’art dont les symboles ne sont plus idéologiquement significatifs pour elles, voire même leur paraissent absurdes. Les croyances changent mais le sentiment du Beau dure.
Le Beau est donc un fait constaté au travers de toute l’histoire des civilisations.
Le Beau est certes une idée, mais pendant des siècles ce n’était pas une idéologie. Et encore moins son contraire le Laid. Les multiples idéologies, le plus souvent religieuses, qui ont habité durant des millénaires l’esprit des hommes ont utilisé l’idée du beau pour soutenir leurs croyances les plus diverses et même opposées.
A partir de la seconde moitié du 20è siècle les élites idéologiques et politiques de l’Occident, athées, ont décidé d’ imposer la croyance que le Beau n’existait pas, et de faire croire que le Laid est une valeur recommandable. L’art contemporain officiel en est la démonstration.
L’affirmation que le Beau n’existe pas, est purement subjectif, est une idée fausse, conçue et répandue au cours de la seconde moitié du 20è siècle pour des motifs idéologiques et économiques.
Les motifs idéologiques sont, notamment, que ce relativisme permet de justifier l’Art Laid officiel et que l’art laid est un critère de distinction entre les Eclairés et ceux qui ne le sont pas. L’homme peut en effet inventer des idéologies, des croyances, qui nient le Beau et le Bien. Cette capacité d’invention de croyances les plus diverses et contraires fait la différence entre l’homme et les animaux.
C’est une évolution mais ce n’est pas nécessairement un progrès. Ce peut être, c’est toujours, inévitablement, sous certains aspects, aussi une régression. La capacité d’inventer le Beau rencontre son contraire, celle d’inventer le Laid. Et même, comme dans l’art contemporain officiel, d’en faire une règle, une doctrine. La capacité au Bien est inséparable de celle de faire le Mal. Et la formulation de vérités ouvre toute grande la porte aux mensonges.
Outre les motifs idéologiques, cette affirmation permet aussi de fabriquer et de vendre du Laid, ce qui est une excellente affaire.
THE BEAUTIFUL IS A SHARED EXPERIENCE
"Everything Florentine art from Giotto and throughout the Quattrocento has this amazing quality of absolute truth recognized. The immediate effect of a large Giotto or Masaccio is to let the audience speechless. It s’ once called Beauty. "
MARY MAC CARTHY "The Stones of Florence" 1956.
Contrary to an accepted idea, all new, considered as obvious in our time, the Beautiful is not subjective. No, the beautiful is not only a matter of personal taste, a total arbitrary, absolutely egocentric. The beautiful is not autistic, it is a sharing, although some of its forms may be more accessible to some people than others, to some cultures and not to others.
The proof that the Beau exists is that it is recognized and unanimously accepted by the public opinion, and that of the specialists, for millions of works whose creation dates range from – 3000 to the present day. The Beautiful is recognized, lived as an experience generally shared, not only in art, but in all the spectacle of Nature
The abstract definitions must be left aside. The Philosophers have never succeeded in giving a satisfactory and incontestable definition of the Beautiful. Let us leave Plato his idea of a beautiful transcendent impossible to reach. Let’s stay at a more trivial level, that of remarkable, concrete beauty : there is absolutely no serious discussion about the existence of Beau, a common sensation, a poetic emotion, shared by millions of men, from Egyptian Art to Modern Art, since China to Europe and America. The Beautiful does not define itself, it is felt individually and collectively. Individually felt the beautiful is only subjective, it only matters for a person, collectively felt, shared by the elites and the people, together, he is objectively. The Beautiful becomes a reality at the scale of a community more or less wide and even to the whole earth. The Beautiful is simply a fact verified by the experience of thousands of generations of humans on the whole Earth.
One can even argue that of the three fundamental ideas, Beautiful, Well, Truth, the Beautiful is the first of which we can spot the appearance with certainty in the history of men: Because the Beautiful leaves traces that we see. When does the idea of the Well appear? When does the idea of Truth appear?
The beautifful is not defined, it is felt and it evolves with time. No doubt the mistake of Academism has been to want to define the rules of the Beautiful, in abstracto, and the impressionists were very quickly right against him .
But there is absolutely no serious discussion about the existence of Beauty, a common sensation, a poetic émotion, shared by millions of people, since the Paleolithic art, the Egyptian Art to Modern Art, from China to Europe and America.
The Beautiful can take different forms according to cultures or civilizations. It is recognized as beautiful inside its cultural domain, but also often outside.
The painting of the Chinese scholars is very particular, it is possible individually not to appreciate it, but it would be wrong to speak about it an Art of the ugly, and it is not judged as such by the the test of time and its confrontation with other cultures like the Western one. The Beautiful is simply a fact verified by the experience of thousands of generations of humans all over the Earth. The painting of Leonardo da Vinci, the Mona Lisa (Mona Lisa) and the success met among the populations of the Far East testify to this universality of the Beautiful.
There is "a sense of beauty, common to all mankind" which is independent of modes, religions and ideologies and even cultures. Even though certain specificities or variability should not be neglected in relation to such a culture or at that time. The overall observation remains that of a sharing of the feeling of beauty on a universal scale.
The beauty is identified by an intense satisfaction, a feeling of happiness, of joy, of sensual or intellectual order that invades the person, it is his subjective starting point. This subjective starting point becomes objective by sharing this sentiment with a multitude of other people, cultures and different eras, in order to achieve the emergence of almost unanimity and almost universality.
The beauty is certainly a subjective experience in that it is felt individually, but it is objective by the convergent opinion, formulated in the course of time, by the peoples and the elites. It is this common judgement of peoples and elites, this shared experience, which objective and proves the beautiful.
What is subjective what are the preferences of individuals. What is subjective is when a person prefers Romanesque frescoes or the art of international Gothic painting of the Italian Renaissance. When a person prefers the art of the landscape or the painting of morals to religious painting.
If someone had told to Fra Angelico, Raphaël or Rubens that beauty does not exist and is purely subjective matter, they would have shrugged.
The Beautiful is certainly a subjective, individually felt, but it is objectified by the synthesis of the multiple opinions of peoples and their elites.
Not only is the feeling of the Beautiful a fact of experience, a common heritage of humanity, which passes through times and cultures, but the Beautiful can be felt while the ideologies that inspired the works of art at a certain time, in a region of the Earth, have died as active beliefs.
There is no need to believe in spirits, in the Gods of the Egyptians, Greeks, Hindus or in the Buddhas for to appreciate the beauty of the cave art, or of the ancient Egypt, the Greece, of the India, or of South East Asia. Similarly, the representations of God and of the world, which are those of the Christian churches, which have been alive and profoundly meaningful to European populations for more than a millennium, may no longer make sense for a very large majority of the Western and Northern of the Europe in the 21st century. However, these populations, like other peoples in other cultures, can recognize the Beautiful in works of art whose the symbols are no longer ideologically significant for them, or even appear absurd to them. The beliefs change but the feeling of the Beautiful lasts.
The beautiful is therefore a fact of experience found throughout the history of civilizations.
The beautiful is certainly an idea, but for centuries it was not an ideology. And even less its opposite the Ugly. The multiple ideologies, most often religious, that have inhabited men’s minds for thousands of years have used the idea of the beautiful to support their beliefs the most diverse and even opposite.
The assertion that Beauty does not exist, is purely subjective, is a false idea, conceived and spread in the second half of the 20th century for ideological and economic reasons. Man can indeed invent ideologies, beliefs, who deny the Beautiful and the Good. This capacity for invention of the most diverse and contrary beliefs makes the difference between man and animals.
It is an evolution but it is not necessarily a progress. It may be, it is always, inevitably, in some aspects, also a regression. The ability to invent the beautiful meets its opposite, that of inventing the Ugly. And even, as in official contemporary art, to make it a rule, a doctrine. The capacity for good is inseparable from that of doing evil. And the formulation of truths opens the door wide to lies.
The ideological motives are that this relativism makes it possible to justify the ugly art, the academic art , and that the ugly Art is a criterion of distinction between the Enlightened and those who are not.
In addition to the ideological motives, this statement also makes it possible to manufacture and sell the Laid, which is an excellent deal.